Huit secrets cachés dans une seule plume

DC·85 Deep Cuts
Aucun oiseau ne possède une goutte de pigment bleu

Aucun oiseau ne possède une goutte de pigment bleu

Un geai bleu, un paon, un martin-pêcheur : aucun ne renferme la moindre trace de couleur bleue. Leurs plumes sont faites de kératine transparente criblée de poches d'air d'environ 150 nanomètres de large, une structure qui ne renvoie que la lumière bleue vers votre œil tandis que la mélanine brune en dessous absorbe le reste. Écrasez la plume et l'architecture s'effondre ; le bleu disparaît et il ne reste qu'un brun terne.
L'aile d'un hibou efface son propre bruit

L'aile d'un hibou efface son propre bruit

Les hiboux chassent dans un quasi-silence grâce à trois astuces intégrées à leurs plumes. Un peigne de dentelures rigides sur le bord d'attaque brise les turbulences bruyantes en minuscules tourbillons silencieux, une surface douce et veloutée absorbe le son, et une frange effilochée sur le bord de fuite évacue l'air en douceur. Ensemble, elles étouffent précisément les hautes fréquences qu'une souris peut entendre. Les ingénieurs copient désormais ce dessin pour rendre silencieux ventilateurs et éoliennes.
Chaque plume se referme sur elle-même comme une fermeture éclair

Chaque plume se referme sur elle-même comme une fermeture éclair

Écartez une plume et elle se sépare ; lissez-la et elle se referme. Chaque ramification, appelée barbe, donne naissance à des centaines de barbules plus petites, qui portent des crochets microscopiques s'accrochant dans les rainures des barbes voisines comme une fermeture éclair qui se répare seule. Une seule plume de vol peut compter plus d'un million de ces crochets. Quand un oiseau se lisse, il referme des milliers d'entre eux en une seule lame lisse et étanche à l'air.
Les flamants se peignent en rose, et deux fois plutôt qu'une

Les flamants se peignent en rose, et deux fois plutôt qu'une

Les flamants naissent gris. Ils ne deviennent roses qu'en mangeant des algues et de petites crevettes chargées de pigments caroténoïdes, qu'ils acheminent vers leurs plumes en croissance ; supprimez ce régime et la couleur pâlit jusqu'au blanc. Avant la parade, ils vont plus loin : ils étalent sur leur cou et leur dos une huile riche en pigment issue d'une glande près de la queue, comme un fard, ravivant une couleur que le soleil ne cesse de délaver.
Certains oiseaux ont des plumes qui se changent en poussière

Certains oiseaux ont des plumes qui se changent en poussière

Les hérons portent des plaques d'une plume étrange qui ne cesse jamais de pousser et ne mue jamais : le duvet poudreux. Ses pointes s'effritent sans arrêt en une fine poudre de kératine semblable à du talc. Le héron répand cette poudre dans son plumage à l'aide d'une griffe dentelée spéciale pour absorber la bave de poisson et la crasse, puis la peigne pour l'enlever. C'est un shampooing sec intégré pour un oiseau qui passe sa vie à patauger dans la boue.
La forme d'une plume révèle si un oiseau pouvait voler

La forme d'une plume révèle si un oiseau pouvait voler

Chez un oiseau qui vole, chaque plume de vol est asymétrique, avec un bord d'attaque étroit et un bord de fuite large, la coupe d'un minuscule profil d'aile. Les oiseaux incapables de voler, comme l'autruche, arborent au contraire des plumes molles et symétriques. Ce seul indice a permis aux scientifiques de lire les plumes vieilles de 150 millions d'années de l'Archaeopteryx : leurs lames nettement asymétriques ont prouvé que cette antique créature avait déjà des ailes faites pour voler.
Un manchot porte des plumes, pas de la fourrure

Un manchot porte des plumes, pas de la fourrure

Le manteau d'un manchot ressemble à de la fourrure, mais ce sont en réalité des milliers de plumes courtes, rigides et très serrées, chacune dotée d'une touffe de duvet à sa base. Se chevauchant comme des tuiles, elles emprisonnent une fine couche d'air réchauffé et repoussent totalement l'eau, fonctionnant comme une combinaison de plongée en plumes. Huilée et lissée en place, cette couche garde l'oiseau sec et au chaud dans une eau qui tuerait en quelques minutes une personne sans protection.
Le duvet le plus chaud se récolte à la main, nid par nid

Le duvet le plus chaud se récolte à la main, nid par nid

Les eiders garnissent leurs nids d'un duvet si fin que ses filaments s'accrochent les uns aux autres en un maillage tridimensionnel et élastique, emprisonnant plus d'air pour son poids que n'importe quel autre duvet sur Terre. Il ne peut pas être élevé : on le récolte à la main dans les nids sauvages après le départ des canetons. Il faut le duvet d'environ 66 nids, et quelque 65 heures de travail patient, pour remplir un seul kilogramme.
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