Huit créatures qui maîtrisent l'électricité

DC·84 Deep Cuts
L'anguille électrique n'est pas une anguille

L'anguille électrique n'est pas une anguille

Malgré son nom, c'est un poisson-couteau, plus proche parent des poissons-chats et des carpes que de toute vraie anguille. En 2019, les scientifiques l'ont divisé en trois espèces, et l'une d'elles, nommée en l'honneur de Volta, peut décharger jusqu'à 860 volts. C'est la plus forte secousse de tout animal vivant, environ sept fois celle d'une prise domestique, produite par des milliers de minuscules cellules empilées bout à bout sur toute la longueur de son corps.
Acculée, l'anguille se dresse pour vous électrocuter

Acculée, l'anguille se dresse pour vous électrocuter

Un biologiste a découvert par hasard qu'une anguille électrique menacée jaillit de l'eau et presse son menton contre l'intrus, grimpant plus haut pour envoyer son courant droit dans la cible au lieu de le laisser se dissiper dans l'étang. Plus elle saute haut, plus la décharge atteint la menace. Il l'a prouvé en laissant une anguille frapper une plaque métallique reliée à des appareils de mesure électriques.
La première pile a copié un poisson vivant

La première pile a copié un poisson vivant

Une raie électrique stocke sa charge dans des électroplaques, cellules plates empilées en colonnes comme des piles de pièces. Quand Alessandro Volta construisit la première vraie pile en 1800, il empila des disques métalliques et du carton imbibé de saumure exactement de la même façon et appela son appareil un organe électrique artificiel. La torpille avait dressé le plan des centaines de millions d'années avant qu'aucun humain n'y songe.
L'ornithorynque chasse en aveugle, à la recherche d'étincelles

L'ornithorynque chasse en aveugle, à la recherche d'étincelles

Sous l'eau, l'ornithorynque ferme ses yeux, ses oreilles et ses narines et chasse dans l'obscurité sensorielle totale. Son bec caoutchouteux porte environ 40 000 électrorécepteurs qui captent les faibles champs électriques émis par les contractions musculaires des crevettes, des vers et des larves, tandis que des capteurs distincts ressentent la poussée de l'eau en mouvement. En balayant la tête de gauche à droite, il repère des proies qu'il ne peut ni voir ni sentir.
Un requin peut sentir un battement de cœur dans le sable

Un requin peut sentir un battement de cœur dans le sable

Autour du museau d'un requin se trouvent des centaines de pores remplis de gel appelés ampoules de Lorenzini. Elles détectent des champs électriques aussi faibles que cinq milliardièmes de volt par centimètre, le sens électrique le plus sensible que connaisse la science, assez fin pour trouver un poisson enfoui dans le sable grâce au faible courant de son cœur qui bat. C'est comme remarquer une petite pile branchée à travers un océan entier.
Le remède de Rome contre la goutte était une raie électrique vivante

Le remède de Rome contre la goutte était une raie électrique vivante

Vers l'an 47 le médecin Scribonius Largus prescrivit la torpille, une raie électrique engourdissante, comme analgésique. Appliquée contre le front, elle apaisait une migraine tenace ; placée sous les pieds, elle soulageait la brûlure de la goutte, chaque décharge laissant la peau engourdie. C'était une forme d'électrochoc pratiquée près de deux mille ans avant que quiconque pût construire une machine capable de produire un courant.
Ce poisson parle par impulsions d'électricité

Ce poisson parle par impulsions d'électricité

Le poisson-éléphant des rivières africaines inonde l'eau boueuse d'un faible champ électrique et lit les ondulations qu'il provoque, se guidant comme une chauve-souris dans le noir. Chaque espèce, et même chaque individu, porte sa propre impulsion caractéristique, et le rythme de ces impulsions signale l'agression, la parade ou la soumission. C'est un langage électrique privé qui circule dans une eau bien trop trouble pour qu'on y voie.
Les anciens Égyptiens ont sculpté ce poisson qui électrocute

Les anciens Égyptiens ont sculpté ce poisson qui électrocute

Le poisson-chat électrique peut délivrer une décharge allant jusqu'à 350 volts depuis un organe enveloppant tout son corps. Les Égyptiens le connaissaient bien : il apparaît, reconnaissable entre tous, sur un bas-relief sculpté à l'intérieur du tombeau de Ti à Saqqarah, réalisé vers 2750 av. J.-C., l'une des plus anciennes images connues d'un animal électrique. Les pêcheurs du Nil apprirent à leurs dépens quelle prise dans le filet pouvait terrasser un homme.
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