Huit choses qu'une langue peut faire

DC·83 Deep Cuts
Une langue qui tire à 264 g

Une langue qui tire à 264 g

La langue d'un caméléon n'est pas mue par les muscles comme la nôtre. Un anneau de muscle comprime des gaines de collagène autour d'une pointe osseuse, puis les libère comme une arbalète qu'on décoche. Chez les minuscules caméléons à nez en rosette, le lancement atteint environ 264 fois l'accélération de la pesanteur, plus rapide que n'importe quelle voiture, et l'extrémité collante peut atteindre 2,5 fois la longueur du corps de l'animal pour happer un insecte en un centième de seconde.
Cette langue mesure près d'un demi-mètre

Cette langue mesure près d'un demi-mètre

Une girafe broute parmi les épines d'acacia en les contournant, sans les mordre. Sa langue préhensile s'étire de 45 à 50 centimètres et agit comme une main supplémentaire et minutieuse, s'enroulant autour des rameaux pour effeuiller tout en esquivant les épines. La coloration sombre, presque noir violacé, de l'avant la distingue de la base rose, un trait frappant qui intrigue encore les biologistes.
Sa langue est plus longue que tout son corps

Sa langue est plus longue que tout son corps

La chauve-souris à langue tubulaire des Andes se nourrit d'une fleur profonde et étroite qu'aucun autre animal ne peut vider. Pour atteindre le nectar, elle a développé une langue d'environ 8,5 centimètres, soit près de 150 pour cent de la longueur de sa tête et de son corps, la plus longue de tous les mammifères par rapport à la taille. La langue est si longue qu'elle n'a nulle part où se replier dans la bouche : sa base est donc logée dans la cage thoracique, entre le cœur et le sternum.
S'agite 150 fois par minute, ancrée à la poitrine

S'agite 150 fois par minute, ancrée à la poitrine

Le grand fourmilier n'a pas de dents, alors sa langue fait tout. Atteignant environ 60 centimètres, plus longue que son propre crâne, elle n'est pas ancrée à la gorge comme la nôtre mais à un muscle qui descend jusqu'au sternum, ce qui lui permet de s'enfoncer profondément dans une termitière. Enduite de salive collante, elle entre et sort jusqu'à 150 fois par minute, piégeant des milliers d'insectes en un seul repas.
Près de 300 minuscules cuillères creuses

Près de 300 minuscules cuillères creuses

La langue d'un chat évoque du papier de verre parce qu'elle est couverte d'environ 290 pointes tournées vers l'arrière, faites de kératine, la même matière que nos ongles. Chaque pointe est creuse et en forme de cuillère : elle aspire la salive par tension superficielle puis la libère au plus profond du pelage pendant la toilette. Cette action capillaire nettoie le poil et aide le chat à rester au frais à mesure que la salive s'évapore.
Une salive qui passe de l'eau à la colle

Une salive qui passe de l'eau à la colle

Une grenouille capture ses proies avec une langue environ dix fois plus molle que celle d'un humain, assez molle pour se déformer autour d'un insecte comme une mousse à mémoire de forme et emmagasiner de l'énergie en s'étirant. Sa salive est l'astuce : à l'impact, elle devient fluide et aqueuse pour inonder chaque interstice, puis s'épaissit pour adhérer comme du miel lors du retour brusque, et redevient aqueuse pour libérer le repas à l'intérieur de la bouche.
Pas une paille, mais une minuscule pompe à 20 coups de langue par seconde

Pas une paille, mais une minuscule pompe à 20 coups de langue par seconde

Pendant près de deux siècles, on a cru que les colibris buvaient le nectar par capillarité, une simple remontée dans un tube. Les films à grande vitesse ont prouvé le contraire. L'extrémité fourchue de la langue est aplatie par le bec, et lorsqu'elle touche le nectar, les sillons s'ouvrent d'un coup et aspirent le liquide comme une micropompe élastique. Ce mécanisme de capture et de relâchement permet à l'oiseau de laper une fleur jusqu'à 20 fois par seconde.
Une langue fourchue sent en stéréo

Une langue fourchue sent en stéréo

La langue vibratile d'un serpent ne goûte pas : elle recueille des particules odorantes dans l'air et sur le sol et les amène à un organe sensoriel au palais. La fourche est l'astuce : les deux pointes s'écartent pour échantillonner deux points à la fois, de sorte que si la pointe droite capte une odeur plus forte que la gauche, le serpent sait que la piste mène à droite. Il sent la direction, comme deux oreilles l'entendent.
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