Huit façons surprenantes de mesurer le temps

DC·29 Deep Cuts
Votre montre à quartz frémit 32,768 fois par seconde

Votre montre à quartz frémit 32,768 fois par seconde

Au cœur d'une montre à quartz se loge un éclat de cristal taillé en diapason microscopique. Un filet de courant le fait fléchir et revenir exactement 32,768 fois par seconde — un nombre choisi parce qu'il vaut 2 puissance 15. Un circuit tout simple divise ce compte par deux quinze fois de suite pour aboutir à un tic net par seconde, qui entraîne un minuscule moteur déplaçant les aiguilles. La cadence est juste assez élevée pour rester silencieuse à nos oreilles, et juste assez basse pour ne presque rien puiser dans la pile.
Un cadran solaire et votre montre divergent de 16 minutes

Un cadran solaire et votre montre divergent de 16 minutes

Un cadran solaire suit le vrai soleil ; une horloge, elle, déroule un jour régulier et moyenné. Les deux s'écartent parce que l'orbite de la Terre est une ellipse et que son axe est incliné : le soleil prend un peu d'avance à certaines saisons et du retard à d'autres. L'écart va d'environ 14 minutes de retard à la mi-février à 16 minutes d'avance début novembre, et les deux ne s'accordent que quatre jours par an. Photographiez le soleil de midi chaque jour pendant un an : il dessine peu à peu un huit de travers dans le ciel.
Cette horloge de marine a perdu 5 secondes en 81 jours

Cette horloge de marine a perdu 5 secondes en 81 jours

Les marins savaient lire leur latitude dans les étoiles, mais pas leur longitude — pour cela, il leur fallait l'heure exacte du port d'attache, et aucune horloge ne résistait au tangage et à l'humidité salée d'un navire. Un charpentier autodidacte y consacra des décennies. Lors d'un voyage vers la Jamaïque en 1761, sa montre de marine de poche ne perdit que cinq secondes en 81 jours, fixant la position est-ouest du navire à un mille marin près. Savoir où l'on se trouvait en mer était devenu, enfin, une affaire de bonne mesure du temps.
La plus vieille horloge encore en marche n'a aucun cadran

La plus vieille horloge encore en marche n'a aucun cadran

Une horloge construite vers 1386 fonctionne toujours dans une cathédrale anglaise, et elle n'a jamais eu de cadran. Les premières horloges de tour n'étaient pas faites pour être lues, mais pour être entendues : elles déclenchaient un marteau qui frappait une cloche à chaque heure pour appeler à la prière. Son robuste bâti en fer forgé, sa barre oscillante et ses poids de pierre donnent encore l'heure à deux minutes près par jour, plus de six siècles après qu'un forgeron a assemblé toute la machine à la main, à coups de marteau.
Cette horloge donne l'heure en changeant d'odeur

Cette horloge donne l'heure en changeant d'odeur

Bien avant les engrenages, dans certaines régions d'Asie de l'Est, on brûlait le temps. À l'aide d'un moule gravé, on pressait de l'encens en poudre en un long sillon sinueux — souvent une spirale ou un labyrinthe — puis on l'allumait à une extrémité pour qu'il se consume lentement, telle une mèche parfumée. En disposant à intervalles des bois aux senteurs différentes, chaque nouvelle heure s'annonçait d'elle-même à mesure que le parfum de la pièce changeait. Selon la longueur du tracé, un seul moule pouvait mesurer de douze heures à un mois entier.
Une bougie qui sonnait une cloche quand votre heure était écoulée

Une bougie qui sonnait une cloche quand votre heure était écoulée

Une bougie marquée d'anneaux réguliers se consume à un rythme à peu près constant, si bien que chaque bande qui disparaît compte une tranche de temps — pratique par temps couvert ou pendant la nuit. Enfoncez une petite épingle de métal dans la cire au repère de votre choix et elle devient un réveil : quand la flamme y parvient, l'épingle se libère et tinte en tombant sur une coupelle de métal. On raconte qu'un roi médiéval réglait toute sa journée sur un jeu de six bougies de ce genre, chacune graduée en heures.
Au tribunal, votre temps s'épuisait en même temps que l'eau

Au tribunal, votre temps s'épuisait en même temps que l'eau

Les tribunaux de l'Athènes antique fonctionnaient avec une horloge à eau : un vase d'argile ou de bronze qui se vidait par un petit trou près du fond. On accordait à chaque orateur un plein vase ; quand s'écoulait la dernière goutte, s'épuisait aussi son droit de parole. Les juges versaient plus d'eau pour une accusation grave et moins pour une affaire mineure, afin que chaque partie reçoive une part juste et mesurée. « Mon eau s'épuise » devint leur expression courante pour qui manquait de temps.
Le sable d'un sablier n'est généralement pas du sable

Le sable d'un sablier n'est généralement pas du sable

Pour s'écouler sans accroc, un sablier a besoin de grains durs, de taille égale et parfaitement secs ; aussi ses fabricants se fiaient-ils rarement au sable de plage. Ils broyaient plutôt du marbre, de la coquille d'œuf calcinée et pulvérisée, et des oxydes d'étain ou de plomb en une poussière qui coulait librement. Le vrai avantage se révélait en mer : un pendule qui oscille ou une horloge à eau qui clapote se dérèglent sur un pont qui roule, mais un sablier scellé continue de couler quel que soit le tangage du navire — c'est ainsi qu'il a rythmé les quarts et la navigation pendant des siècles.
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