Huit choses sur les pélicans et ce bec improbable

DC·212 Deep Cuts
Il gonfle des airbags intégrés avant l'impact

Il gonfle des airbags intégrés avant l'impact

Le pélican brun chasse en plongeant en piqué, se repliant en flèche et s'écrasant dans la mer depuis près de 18 mètres de haut. Pour survivre à l'impact, il gonfle une couche de sacs aériens situés sous la peau de sa gorge, de sa poitrine et de ses ailes, amortissant le choc comme du papier bulle. Au dernier instant, il tourne aussi légèrement le corps vers la gauche, protégeant la trachée et l'œsophage qui descendent le long du côté droit de son cou. Ces mêmes sacs aériens le ramènent aussitôt à la surface.
Sa grande poche est un filet, pas une gamelle

Sa grande poche est un filet, pas une gamelle

La poche élastique de la gorge d'un pélican peut recueillir plus de trois gallons — environ 13 litres — d'eau en une seule lancée, bien plus que ne pourrait jamais contenir son estomac. Mais elle ne sert pas à transporter la nourriture. La poche fonctionne comme une épuisette : elle piège les poissons avec un flot d'eau de mer, puis le pélican incline la tête, laisse l'eau s'écouler par les coins de son bec et avale sa prise sur place. Rien n'est gardé pour plus tard.
Ceux-ci ne plongent jamais : ils rabattent les poissons en équipe

Ceux-ci ne plongent jamais : ils rabattent les poissons en équipe

Tous les pélicans ne plongent pas en piqué. Le pélican blanc d'Amérique se nourrit en surface et chasse en groupe : une ligne ou un fer à cheval d'oiseaux avance ensemble, battant l'eau et poussant les bancs de poissons devant eux vers les hauts-fonds. Puis, tous en même temps, les pélicans plongent le bec à l'unisson et raflent. En travaillant en petits groupes coordonnés, chaque oiseau attrape bien plus de poissons qu'il n'en prendrait seul.
Au printemps il pousse une corne, puis la perd

Au printemps il pousse une corne, puis la perd

À l'approche de la saison de reproduction, le pélican blanc d'Amérique voit pousser une étrange plaque plate et fibreuse — une « corne » de quelques centimètres de haut — dressée sur le dessus de son bec. C'est la seule des espèces de pélicans au monde à en développer une. Mâles et femelles la développent comme signe de leur condition reproductive, et elle pourrait aussi protéger le bec lors des affrontements. Une fois les œufs pondus, l'oiseau perd la corne et le bec redevient lisse.
Il porte le plus long bec de tous les oiseaux vivants

Il porte le plus long bec de tous les oiseaux vivants

Le pélican d'Australie détient le record du plus long bec de tous les oiseaux vivants, le plus grand spécimen mesuré atteignant environ 50 centimètres — près d'un demi-mètre de bec rose pâle. La poche suspendue en dessous est assez sensible pour repérer les poissons dans une eau trouble, et assez grande pour que l'ensemble contienne plusieurs fois ce que peut contenir l'estomac de l'oiseau. Même parmi les pélicans, réputés pour leurs grands becs, il fait figure d'exception.
Il n'a pas de narines ouvertes et respire par la bouche

Il n'a pas de narines ouvertes et respire par la bouche

Regardez de près le bec d'un pélican et vous n'y trouverez pas de narines fonctionnelles. Chez les huit espèces de pélicans, les narines sont scellées, enfouies sous la gaine cornée du bec — une adaptation qui empêche l'eau d'être forcée à l'intérieur lors de ces plongeons à grande vitesse. Le pélican respire donc surtout par la bouche, sur les bords du bec. Les cavités nasales cachées ne sont pas inutiles pour autant : elles abritent des glandes qui éliminent l'excès de sel du sang de l'oiseau.
Son drôle de bec n'a pas changé depuis 30 millions d'années

Son drôle de bec n'a pas changé depuis 30 millions d'années

L'extravagant ensemble bec-et-poche du pélican est l'une des grandes réussites de l'évolution — au point qu'il n'a presque pas changé depuis son apparition. Un fossile de pélican superbement conservé, provenant de roches de l'Oligocène inférieur du sud de la France et vieux d'environ 30 millions d'années, possède un bec presque identique à celui d'un pélican actuel. Tout l'appareil d'alimentation était déjà entièrement formé à l'époque et n'a guère été modifié depuis, un cas frappant de stase évolutive.
Quand le poisson manque, il avale des oiseaux entiers

Quand le poisson manque, il avale des oiseaux entiers

Un pélican a l'air d'un paisible mangeur de poissons, mais c'est un opportuniste à la poche sans fond. Quand les poissons se font rares, on a observé des pélicans s'emparer d'autres oiseaux — pigeons, mouettes et canetons —, les noyant dans la poche puis les avalant tout entiers. Il existe des cas bien documentés de pélicans urbains arrachant des pigeons sur la pelouse et les engloutissant sous les yeux ébahis des passants. Si ça tient dans la poche, ça peut devenir un repas.
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