Huit choses sur les méduses

DC·181 Deep Cuts
Une méduse n'a ni cerveau, ni cœur, ni os

Une méduse n'a ni cerveau, ni cœur, ni os

Une méduse se débrouille sans aucun des organes que l'on juge essentiels : ni cerveau, ni cœur, ni sang, ni os. Au lieu d'un cerveau central, elle fonctionne grâce à un 'réseau nerveux', une trame diffuse de cellules nerveuses répandue dans tout son corps, qui perçoit la lumière, le toucher et les substances chimiques et commande les muscles qui font pulser l'ombrelle. C'est un corps composé à environ 95 pour cent d'eau, entièrement piloté par des réflexes, sans le moindre centre de commande.
Cette méduse sans cerveau possède 24 yeux

Cette méduse sans cerveau possède 24 yeux

La méduse-boîte porte 24 yeux, regroupés en quatre amas sensoriels autour de son ombrelle. Certains sont de simples détecteurs de lumière, mais d'autres sont étonnamment perfectionnés, dotés de cristallins, de rétines et de cornées très semblables aux nôtres. Quelques-uns pointent en permanence vers le haut, à travers l'eau, en direction de la surface, surveillant le rivage pour que l'animal puisse s'en approcher ou s'en éloigner : une navigation remarquable pour une créature dépourvue de cerveau pour traiter l'image.
La piqûre d'une méduse est le mouvement le plus rapide de la nature

La piqûre d'une méduse est le mouvement le plus rapide de la nature

Chaque cellule urticante renferme un harpon enroulé, à la pointe chargée de venin, maintenu sous une pression énorme. Une fois déclenché, il jaillit en environ 700 milliardièmes de seconde, la pointe accélérant à plus de cinq millions de fois la force de la pesanteur : l'un des mouvements les plus rapides connus dans toute la biologie. Le minuscule dard transperce la peau plus vite que presque tout ce qui vit, c'est pourquoi la piqûre survient bien avant que l'on sente le contact.
Une méduse peut être plus longue qu'une baleine bleue

Une méduse peut être plus longue qu'une baleine bleue

La méduse à crinière de lion traîne une dense crinière de fins tentacules sous sa large ombrelle. Le plus grand spécimen jamais observé, échoué sur le rivage en 1870, avait des tentacules s'étirant sur environ 36,6 mètres, soit 120 pieds : plus long qu'une baleine bleue, ce qui en fait l'un des animaux les plus longs jamais mesurés. L'ombrelle elle-même peut dépasser deux mètres de diamètre. Pourtant, presque toute cette longueur n'est qu'un tissu mou et gorgé d'eau, bien plus fin qu'il n'y paraît.
Certaines méduses se couchent à l'envers pour cultiver la lumière du soleil

Certaines méduses se couchent à l'envers pour cultiver la lumière du soleil

La méduse à l'envers repose sur le fond marin, ombrelle vers le bas, ses bras frangés dressés vers le soleil. Ces bras regorgent de minuscules algues qui vivent à l'intérieur de ses tissus — les mêmes que celles qui bâtissent les récifs coralliens. Les algues font la photosynthèse et lui cèdent des sucres, si bien que la méduse se nourrit en grande partie de lumière solaire sans poursuivre de proies. Pour garder ses partenaires solaires bien nourries, elle reste postée toute la journée dans des eaux claires et peu profondes.
La lueur d'une méduse a bouleversé la biologie moderne

La lueur d'une méduse a bouleversé la biologie moderne

Une petite méduse du nord-ouest du Pacifique fabrique une substance appelée protéine fluorescente verte, qui s'illumine en vert sous une lumière bleue. Les scientifiques ont appris à fixer cette lueur à d'autres protéines, la transformant en marqueur qui rend visibles, au microscope, les cellules vivantes et leurs processus. Cette découverte a transformé la biologie et la médecine et a valu un prix Nobel en 2008. Tout a commencé par le scintillement naturel du bord d'une méduse.
Des méduses nées dans l'espace ne supportaient pas la gravité

Des méduses nées dans l'espace ne supportaient pas la gravité

En 1991, des milliers de méduses lune ont voyagé à bord d'une navette spatiale et se sont reproduites en orbite, jusqu'à se multiplier pour atteindre environ 60 000 individus. Les méduses distinguent le haut du bas grâce à de minuscules cristaux qui roulent sur des poils sensoriels. Les méduses nées dans l'espace ont développé ces capteurs de gravité en apesanteur, mais, une fois de retour sur Terre, beaucoup pulsaient et nageaient de façon anormale, aux prises avec une pesanteur dans laquelle elles ne s'étaient jamais formées. Cela laissait entrevoir à quel point les corps en développement dépendent de la pesanteur.
Les méduses sont plus anciennes que les arbres et les dinosaures

Les méduses sont plus anciennes que les arbres et les dinosaures

Les corps mous se fossilisent rarement, et pourtant des empreintes de méduses ont été trouvées dans des roches vieilles de plus de 500 millions d'années. Cela signifie que ces animaux dérivaient déjà dans les mers avant que les premiers arbres ne poussent sur la terre ferme, et bien avant l'apparition du moindre dinosaure. Elles ont survécu à toutes les extinctions de masse depuis lors et, quand les conditions s'y prêtent, elles se rassemblent encore en proliférations de plusieurs millions d'individus : la preuve qu'un plan corporel simple peut survivre à presque tout.
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