Huit choses cachées dans le sillon d'un disque

DC·157 Deep Cuts
Le premier enregistrement est resté illisible pendant 148 ans

Le premier enregistrement est resté illisible pendant 148 ans

Le son a été capté pour la première fois près de vingt ans avant que quiconque puisse le rejouer. Dans les années 1850, un inventeur traîna une soie, reliée à une membrane vibrante, sur du papier noirci à la suie de lampe, laissant une ligne ondulante qui traçait une voix. Il ne destinait ces gribouillis qu'à être étudiés à l'œil ; il n'y avait aucun moyen de les reconvertir en son. Ce n'est qu'en 2008 que des chercheurs ont numérisé l'un de ces tracés de 1860 et ont enfin entendu la voix, 148 ans plus tard.
Le son est d'abord revenu d'une feuille d'étain

Le son est d'abord revenu d'une feuille d'étain

La première machine capable à la fois d'enregistrer un son et de le rejouer, construite en 1877, n'utilisait rien de plus délicat que de l'étain. Une feuille d'étain était enroulée autour d'un cylindre métallique rainuré et, en tournant, une aiguille reliée à une membrane marquait l'étain au rythme des vibrations d'une voix. En repassant l'aiguille sur ces mêmes creux, la voix revenait, faible et grésillante, le premier écho qu'une machine ait jamais rendu.
Un seul sillon ininterrompu, long d'un tiers de mile

Un seul sillon ininterrompu, long d'un tiers de mile

Un disque ressemble à des anneaux, mais chaque face est en réalité un seul sillon continu qui spirale sans interruption du bord extérieur jusqu'à l'étiquette. Déroulez-le et une seule face d'album s'étend sur quelque 500 mètres, soit environ un tiers de mile de sillon. L'aiguille suit simplement ce long chemin unique vers l'intérieur, et c'est pourquoi un disque se joue d'une traite sans rien à soulever ni à réinitialiser.
Deux canaux voyagent dans un seul sillon ondulant

Deux canaux voyagent dans un seul sillon ondulant

Un disque stéréo fait tenir un canal gauche et un canal droit dans un seul sillon. L'astuce, c'est la forme : les deux parois du sillon sont taillées à 45 degrés, face à face, et chaque paroi porte son propre canal. À mesure que l'aiguille avance, elle bascule d'un côté à l'autre et monte et descend en même temps, lisant les deux parois à la fois et redivisant la musique en deux flux distincts.
On peut voir à quel point la musique devient forte

On peut voir à quel point la musique devient forte

Sur un disque, le volume est inscrit dans la forme du sillon. Un passage fort oblige le burin à osciller en larges écarts déchiquetés, si bien que ces sillons paraissent larges et irréguliers ; un passage doux ondule à peine et semble presque lisse. Tenez un disque à la lumière et vous distinguez les passages forts et les passages doux à l'œil nu, avant même que l'aiguille ne le touche.
Les disques déforment les basses exprès

Les disques déforment les basses exprès

Chaque disque est gravé avec le son volontairement déformé. Les basses profondes sont atténuées et les aigus rehaussés avant que le sillon ne soit creusé, puis la platine applique exactement l'inverse pour rétablir l'équilibre. Cette astuce a une raison : des basses non maîtrisées creuseraient des sillons si larges qu'on tiendrait peu de musique sur une face, et rehausser les aigus pour la gravure permet d'atténuer le souffle de surface au retour.
Les vieux disques étaient pressés à partir de résine d'insecte

Les vieux disques étaient pressés à partir de résine d'insecte

Avant que le vinyle ne s'impose, les disques étaient faits en grande partie de gomme-laque, une résine sécrétée par le minuscule insecte laque et raclée des brindilles qu'il recouvre. Mélangé à des charges minérales et pressé en disques tournant à 78 tours par minute, le matériau était dur et brillant mais cassant, si bien qu'un disque tombé pouvait se briser comme une assiette. Le vinyle, apparu vers les années 1940, était prisé en partie parce qu'il rebondissait tout simplement.
Il amplifiait la musique sans la moindre électricité

Il amplifiait la musique sans la moindre électricité

Le grand pavillon évasé d'un gramophone à manivelle était l'amplificateur, et il ne fonctionnait avec aucune énergie. L'aiguille parcourant le sillon faisait vibrer une petite membrane, et ce son ténu était canalisé dans la gorge du pavillon, qui amplifiait les vibrations de l'air jusqu'à en faire quelque chose qu'une pièce entière pouvait entendre. La seule énergie en jeu venait d'un ressort remonté à la main qui faisait tourner le disque.
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