Huit choses sur les arbres et les forêts

DC·11 Deep Cuts
Une forêt de 47,000 arbres qui n'en est secrètement qu'un seul

Une forêt de 47,000 arbres qui n'en est secrètement qu'un seul

Dans la forêt de Fishlake, en Utah, se dresse Pando, un peuplier faux-tremble dont les quelque 47,000 troncs s'élèvent tous d'un même système racinaire et partagent un ADN identique, ce qui n'en fait qu'un seul organisme. Avec environ 13 millions de livres, c'est le plus lourd être vivant connu, trois fois la masse du plus grand séquoia géant, et il se clone tranquillement sur ce versant depuis des dizaines de milliers d'années.
Un seul arbre en Inde que l'on prend pour une forêt entière

Un seul arbre en Inde que l'on prend pour une forêt entière

Un banian nommé Thimmamma Marrimanu, dans le sud de l'Inde, a laissé tomber tant de racines aériennes épaissies en nouveaux troncs — plus d'un millier — que sa seule couronne s'étend désormais sur près de cinq acres, environ quatre terrains de football. À l'intérieur, on dirait un bosquet, mais chaque tronc appartient à un même arbre de 550 ans, détenteur du record de la plus grande couronne d'arbre sur Terre.
Entaillez cet arbre et il saigne d'un rouge vif

Entaillez cet arbre et il saigne d'un rouge vif

Le dragonnier de l'île de Socotra pousse comme un parapluie retourné, et lorsqu'on blesse son écorce, il pleure une résine d'un cramoisi profond appelée sang-dragon. Depuis des milliers d'années, on la prise comme teinture, vernis, remède pour les plaies, et même comme rouge à lèvres. Cette couleur rouge sang vient de pigments naturels que l'arbre fabrique, appelés dracorhodine et dracorubine.
Le liège, c'est de l'écorce d'arbre arrachée sans le blesser

Le liège, c'est de l'écorce d'arbre arrachée sans le blesser

Le chêne-liège développe une écorce externe épaisse et spongieuse qu'on peut arracher entièrement à la main, laissant l'arbre vivant intact pour qu'il la refasse pousser. Les récolteurs attendent qu'un arbre ait environ 25 ans, puis ne reviennent qu'une fois tous les 9 à 12 ans. Un chêne-liège peut vivre deux siècles et être récolté plus d'une dizaine de fois ; chaque bouchon est une tranche d'écorce renouvelable.
Ce fruit explose et propulse ses graines à 160 mph

Ce fruit explose et propulse ses graines à 160 mph

La capsule en forme de citrouille du sablier sèche jusqu'à ce que sa tension devienne insoutenable, puis éclate dans un claquement de coup de feu. Elle projette ses graines jusqu'à 70 mètres par seconde, environ 160 mph, les dispersant jusqu'à 100 pieds du tronc. Le reste de l'arbre est tout aussi redoutable : un tronc hérissé de pointes et une sève assez toxique pour faire cloquer la peau, ce qui lui vaut le nom d'arbre à dynamite.
Ne vous abritez jamais de la pluie sous cet arbre

Ne vous abritez jamais de la pluie sous cet arbre

Le mancenillier de Floride et des Caraïbes est largement réputé l'arbre le plus dangereux du monde. Chaque partie suinte une sève laiteuse si caustique qu'il suffit de se tenir dessous sous la pluie, tandis que des gouttes chargées de sève se posent sur la peau, pour voir apparaître des cloques douloureuses. Son fruit vert à l'odeur sucrée, surnommé la pomme de plage, peut être mortel si on le mange. Beaucoup de mancenilliers sont marqués d'un bandeau rouge ou d'une croix pour tenir les gens à l'écart.
Certaines pommes de pin ne s'ouvrent qu'au feu de forêt

Certaines pommes de pin ne s'ouvrent qu'au feu de forêt

Le pin tordu et le pin gris scellent leurs cônes avec une résine dure qui reste collée jusqu'à ce que la chaleur dépasse environ 45 à 60 degrés Celsius, la température d'un feu de forêt qui passe. Alors seulement les cônes s'ouvrent d'un coup, laissant tomber leurs graines sur un sol fraîchement dégagé et fertilisé par la cendre, la concurrence partie en fumée. L'arbre met ses graines en réserve pendant des années, attendant le feu même qui leur offre le meilleur départ.
La nuit, les arbres relâchent leurs branches et dorment

La nuit, les arbres relâchent leurs branches et dorment

À l'aide de scanners laser précis au millimètre, des chercheurs ont suivi en 2016 des bouleaux tout au long de la nuit et ont vu leurs branches et leurs feuilles s'affaisser peu à peu, retombant jusqu'à 10 centimètres quelques heures avant l'aube, puis se redresser une fois le soleil revenu. C'est un rythme quotidien comme le nôtre ; dès 1880, Darwin décrivait ces mouvements nocturnes des feuilles chez les plantes comme un sommeil.
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